La monnaie chinoise fait l’objet d’une énième dénonciation de sa sous-évaluation, jugée préjudiciable à la reprise économique, selon l’administration américaine relayée par le FMI et des responsables européens. Pékin tient son cap.
L’administration américaine, rejointe par le président du FMI, vient une fois encore de déplorer la sous-évaluation de la monnaie chinoise. Laquelle serait un frein au rééquilibrage de l’économie mondiale.
Si cette attaque n’est pas la première – la dernière levée de boucliers remonte à novembre 2009 – elle invite à s’interroger sur ce qui conduit à intervalles réguliers Américains et Européens à croiser leur tir sur la monnaie chinoise. « Bien souvent, observe Françoise Lemoine, économiste au Cepii, ces prises de position ont des visées très nationales » Plus fondamentalement, la spécialiste de l’économie chinoise admet qu’à long terme il est clair que les Chinois auront intérêt à avoir une monnaie forte. Ne serait-ce que pour sortir de leur dilemme actuel à savoir, une économie d’exportation certes partiellement favorisée par le yuan, mais génératrice de beaucoup d’importations à des prix de plus en plus élevés. Selon Françoise Lemoine, « il n’est pas certain qu’une réévaluation du Yuan soit à cet point décisive pour rééquilibrer l’économie mondiale. Ne serait-ce déjà en raison du poids somme toute encore très modeste de la Chine dans les échanges mondiaux. »
Pékin a vivement réagi à ces exhortations par la voix du Premier Ministre Wen Jiabao lequel selon des propos rapportés par l’AFP a déclaré que « ce genre de pratiques n’est pas dans l’intérêt d’une réforme du régime du taux de change du Renminbi (autre nom du Yuan). »
Sidali Chikh