Sous l'impulsion de petits fabricants textiles, l'Italie vient de se doter d'une loi rendant obligatoire l'étiquette « made in Italy », destinée à en certifier la production nationale.
Approuvé en première lecture en décembre à la Chambre des députés et le 10 mars 2010 au Sénat, ce texte de loi, qui vient d'être adopté définitivement par les députés mercredi 17 mars, constitue une révolution pour le textile italien. Pour la première fois, en effet, dans la péninsule italienne, une loi rend obligatoire la traçabilité de la fabrication du produit dans les secteurs du textile, de l'habillement, des chaussures, de la maroquinerie et de l'ameublement à travers un étiquetage indiquant les lieux d'origine des diverses phases de leur fabrication. Le fameux label « Made in Italy » sera consenti désormais exclusivement aux seuls fabricants réalisant leur produit dans la péninsule, en effectuant au moins deux phases du processus de fabrication en Italie et en indiquant clairement les lieux des autres étapes de réalisation (design, matières premières, production, assemblage). Dans le cas du textile par exemple seront pris en compte la filature, le tissage, l'ennoblissement et la confection. Cette loi nationale, qui va à l'encontre du principe de la libre concurrence et de la libre circulation des marchandises au sein de l'Union européenne, ne manquera pas de créer quelques remous à Bruxelles. Mais elle permettra au moins à l'Italie, qui avait déjà proposé il y a quatre ans à la Commission européenne de rendre obligatoire l'étiquetage d'origine pour tous les produits d'habillement fabriqués en dehors de l'Union, de relancer le débat.
Martina Miotto, à Milan